Colloque
du 22 novembre 2004 - 7/11 ![]()
Deuxième partie
LA RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
Par Bangi Kiranga
La maltraitance des enfants incombe à la responsabilité de différentes catégories de personnes.
I. LA RESPONSABILITÉ DE L’ENFANT
L’enfant est l’agent principal de l’éducation. Il est l’agent premier et l’aboutissement de l’éducation. En effet, l’enfant peut être responsable de son mauvais traitement de part ses mauvais comportements, la déviation qu’il peut manifester à l’égard de la ligne de conduite que l’adulte lui trace. Voici quelques comportements qui peuvent faire dégénérer sa personnalité : la prostitution, la destruction des biens, le vol, la pratique magique et mystique, le fait de fumer du chanvre, l’ignorance.
Lorsque les parents infligent des châtiments à l’enfant, celui-ci refuse de se conformer et à force d’être grondé ou intimidé, il finit par fuir le toit paternel pour se retrouver dans la rue. Quels remèdes faut-il alors apporter afin qu’il regagne la maison ? Il faut procéder à la sensibilisation et à la rééducation pour retrouver une adaptation et rétablir de bonnes relations avec ses parents.
II. LA RESPONSABILITÉ DES PARENTS
Les parents maltraitent leurs enfants pour diverses raisons :
- par nature : il y a des parents, qui par nature, sont mauvais. En effet, certains parents manquent de bonnes manières, de savoir-vivre et à tout moment, ils ne font que gronder leurs enfants ; jamais de collaboration ni de compréhension. Ex. : un parent qui a toujours une figure citronnée, fâcheuse, jamais on ne peut le voir un sourire aux lèvres, etc.
- par mauvaise gestion : un parent qui s’enivre, qui achète la bière en quantité industrielle, qui achète des paquets de cigarettes pendant que les enfants n’ont rien à manger, n’ont rien à mettre sous la dent, quel sorte de parent est-il ? Et lorsque ses enfants veulent lui donner un conseil, il devient indifférent.
- Par irresponsabilité : certains parents ne respectent pas leur âge ; ils veulent toujours être considérés comme des jeunes premiers, des jeunes de 60 ans ; ils ne font jamais le deuil de la jeunesse, ils aiment vivre leur temps : « kama ningali na meno, inafaa nivunje mifupa » ! Il ne dit pas « mfupa », mais plutôt « mifupa ».
- Par ignorance : comme celui qui prive l’enfant de nourriture pendant 24 heures.
De telles attitudes amènent la pauvreté dans la famille et les conditions de vie deviennent médiocres. L’enfant devient incapable de supporter la famine et la misère. Cela engendre comme conséquence sa fuite dans la rue en quête de nourriture.
Quels remèdes à apporter à une telle situation ?
- La sensibilisation de ces parents afin qu’ils prennent conscience de leurs mauvais agissements ;
- Abandonner de telles pratiques qui placent leurs enfants dans des conditions inhumaines ; abandonner l’ivresse, le vagabondage sexuel, la polygamie, l’infidélité ;
- Harmoniser les rapports sociaux : discuter avec les enfants, leur demander ce qu’ils pensent, les associer quelque fois dans l’établissement des projets de la famille lorsqu’ils deviennent assez grands,
- Allaitement modéré ;
- Amener les élèves à achever au moins l’école primaire.
